Bulletin et évolution

BULLETIN et EVOLUTION du ROLE de la CHAMBRE SYNDICALE devenue FEDERATION

Aux archives départementales, il a été retrouvé‚ le premier bulletin d'information du syndicat qui date de Mars 1921. Celui-ci a du être publié et adressé aux adhérents à l'initiative du Président de l’époque Eugène ROUSSEAU, suite à son élection. Ce bulletin fait  état d'un comptoir d'achats créé par le syndicat au 38 rue des Tanneurs (Tours) pour les adhérents, en vue d'un abaissement des prix des marchandises.

D'après la lecture des bulletins retrouvés aux archives (de 1921 jusqu'en 1926), la principale préoccupation de la Chambre Syndicale portait sur les prix du pain. Car il ne faut pas oublier que pendant des siècles, le pain a été taxé, à la mesure de sa notion de symbole, et souvent au mécontentement des artisans boulangers qui étaient en quelque sorte pris en otage.

C'est pourquoi, depuis sa création, et pendant plus de cinquante ans, la Chambre Syndicale a voué une lutte incessante pour obtenir des prix de pain décents. Le boulanger a longtemps été prisonnier de la valeur de son métier et de sa nécessité dans l'histoire.

Pour le syndicat, le boulanger était  considéré‚ par les pouvoirs publics comme  un "galeux", "ce paria de tous les temps, celui auquel on a toujours refusé la liberté.

Puis survint la guerre et le rôle essentiel et le plus attendu de la Chambre Syndicale fut la répartition des bons de farine et de  pâtisserie, d'essence, etc...

Après ces douloureux évènements, la Chambre Syndicale reprit ses activités normales.  Dans les années 1950, elle prend d'autres orientations plus axées sur le service : montage de dossiers de crédits, de retraite, d'assurance, de forfaits, collectes des bons de pains, etc.

En 1952, le bulletin d'information est relancé et adressé aux boulangers. Des informations sur la facturation, la circulation des farines, le prix du pain figurent entre autres sur ces revues professionnelles.

La Chambre Syndicale poursuit ses revendications par rapport aux prix du pain, toujours taxés, et qui ne suivaient pas la progression du coût de la vie. C'est pourquoi les calculs des marges de panification représentaient alors un énorme travail pour le syndicat.

La situation était si tendue que 88 % des boulangers du département ont fermé leur boutique en 1957, pendant deux jours, afin d'obtenir une revalorisation des prix qui d'ailleurs sera concédé. (14%)
Ce qui a permis d'appliquer des augmentations de salaires, face aux salariés, eux aussi revendicatifs.

Le problème des créations de boulangeries et de dépôts de pain a aussi retrouvé toute son acuité des périodes d'avant-guerre. Car à cette époque, jusqu'à l'avènement des "grandes surfaces", la concurrence était interne à la profession. La Confédération Nationale avait d'ailleurs élaboré un projet de loi visant à réglementer la profession de boulanger et de boulanger pâtissier et d'en limiter le nombre. Les années passent et les régimes de taxation et de semi-liberté se succèdent.

Mais lorsque la libération des prix se profile à  l'horizon en 1978, la Chambre Syndicale doit faire face à des adhérents désorientés, comme des prisonniers, après une longue captivité.

C'est une période difficile pour tous, et c'est la que la Chambre Syndicale, comme les boulangers ensuite, s'adapteront aux modifications économiques causées par la libre concurrence, l'apparition de la boulangerie industrielle et des grandes surfaces.

L'organisation professionnelle décide de lancer des opérations de promotion pour représenter la boulangerie artisanale et la différencier ainsi des autres modes de fabrication et de distribution du pain.

Des actions de formation et des opérations qualitatives ont également étés conduites. Elles ont constitué ainsi autant de moyens de communication, de plus en plus nécessaires. Beaucoup de boulangers ont pris conscience des mutations à observer, pour s'adapter aux changements de goûts et de mode de vie. La commercialisation de nouveaux produits, l’évolution dans le décor du pain et de la vitrine, un certain retour vers des produits du "terroir", font alors leur apparition.

Pendant une vingtaine d'années, l'organisation professionnelle a évolué vers un syndicat de services, de conseils, de promotion. Elle a aussi conforté son rôle de défenseur de la boulangerie artisanale, notamment avec des actions en justice pour l'application de l'arrêté préfectoral réglementant la vente du pain, actions malheureusement désavouées par des résultats judiciaires en la défaveur des artisans boulangers. Elle a lutté également contre les prix anormalement bas, l'implantation de nouvelles grande surfaces, la sauvegarde de la boulangerie rurale.

La Chambre Syndicale, devenue Fédération,  a encore modifié son rôle et ses revendications, que vous retrouverez sur ce site, à la page « services » et « actions/réglementations ») tout en en tenant compte des évolutions économiques et culturelles de notre pays depuis plus de 100 ans, toujours dans l'intérêt des artisans boulangers.

Mais la lutte n'est pas finie....

Après  Jean-Claude RAOUL qui a rempli sa fonction de Président, avec honnêteté et sérieux, c'est aujourd'hui Didier GOURREAU qui préside la Fédération, avec le soutien des adhérents boulangers d'Indre et Loire, adhérents volontaires permettant à  la fédération de continuer à œuvrer  pour leur beau métier.